La cuisine de Majorque se distingue par une utilisation d'ingrédients méditerrenéens autochtones : viande de porc noir ou de mouton, poisson, légumes et primeurs, huile d'olive et vin du terroir. Ils donnent lieu à de nombreuses recettes à la préparation longue et laborieuse.
La viennoiserie occupe elle aussi une place importante.

MAJORQUE ET SA GASTRONOMIE

La Sobrassada
A Majorque, le porc noir est le grand bienfaiteur de la gastronomie. C'est avec les meilleurs morceaux de sa viande et une généreuse adjonction de poivre et piment de cayenne que l'on élabore cette charcuterie, qui se déguste tartinée sur du pain ou qui vient enrichir des plats traditionnels.

Les Amandes
L'amande fait partie du paysage et de la gastronomie de Majorque. Les champs d'amandiers, qui s'étendent sur tout le territoire insulaire, constitue un spectacle dont la beauté attire de nombreux visiteurs en hiver. C'est la culture de l'île qui occupe la plus grande superficie. Pour stimuler la production ainsi que la consommation des amandes, l'Association pour le développement de l'amande majorquine, singulière par son goût et son onctuosité, a créé la marque de garantie collective : Amande Majorquine. L'importance de cette culture se reflète aussi dans la gastronomie, où l'amande est un ingrédient indispensable des plats traditionnels aussi bien sucrés que salés.

L'Huile d'Olive
Actuellement à Majorque sont récoltées 2 300 tonnes d'olives par an, dont 97 % sont destinés à l'huile et les 3% restants (entre 60 et 80 tonnes) sont attribués aux ventes directes d'olives. L'huile d'olive vierge extra produite bénéficie d'une dénomination d'origine. Elle est élaborée sur l'île avec des olives majorquines,
arbequina et picual. Selon le stade de maturité des olives au moment de la récolte, on distingue deux types d'huile : l'huile fruitée provient d'une récolte précoce, tandis que la douce, à base d'olives plus mûres, se caractérise par sa robe jaune doré, son goût plus doux et son piquant.

Les Câpres
Les
tàperes (câpres) constituent un condiment indispensable à de nombreux plats de la gastronomie de l'île. C'est un produit traditionnel de la terre majorquine et son usage culinaire avait déjà été expérimenté par les Grecs et les Romains. Ces derniers étaient de véritables spécialistes dans l'art d'accommoder poissons et viandes avec des câpres.
La câpre n'est ni un fruit ni une baie mais le bouton floral d'une plante connue dans l'île sous le nom de
taparera. Sa cueillette a toujours été l'une des tâches les plus difficiles de la terre majorquine. C'est un buisson dont les fleurs sont au niveau du sol, ce qui oblige à se baisser pour travailler et ce à une époque de grande chaleur, entre mai et septembre. Une fois cueillies, les câpres peuvent se conserver dans du vinaigre selon un procédé simple. Elles sont ainsi prêtes à êtres consommées comme accompagnement, dans des sauces, ou comme ingrédients de plats élaborés.

L'Ensaimada
Fleuron des pâtisseries à Majorque : l'
ensaimada. Le secret de la texture et du fondant de ce gâteau enroulé sur lui-même vient d'un ingrédient en particulier, le saindoux ou saïm qui lui donne son nom. Une fois cuite, elle est saupoudrée de sucre glace. L'ensaimada traditionnelle est constituée uniquement de pâte. Mais ces dernières années, on lui a inventé diverses variantes, toutes plus délicieuses les unes que les autres : ensaimadas fourrées aux cheveux d'anges, à la crème brûlée, au chocolat ou à la crème. Parmi les autres desserts traditionnels, on trouve également le gató (gâteau à base d'amandes, souvent accompagné de glace), la tarte de requesón (fromage frais), les robiols (pâtes sucrées en demi-lune, fourrées de fromage frais ou de confiture), la coca de patata (viennoiserie à la pomme de terre) et les cocas aux abricots.

Pica-Pica
Plat traditionnel à base de seiche (produit phare de l'île) et de tomate, préparé en ragoût et accompagné d'une délicieuse sauce.

Frito
Mélange de légumes (pommes de terre, poivrons, ail, oignons, choux fleur) cuits à l'huile d'olive auquel est rajouté de la viande. Le frito peut également être à base de poissons ou de fruits de mer. Sans oublier le mélange d'herbes aromatiques qui en font toute sa saveur (fenouil et laurier).

Tumbet
Excellente recette mariant l'aubergine, le poivron rouge et la pomme de terre. Tout est frit séparément puis recouvert de sauce tomate.

Lechona
Rôti au four ou à la braise, le
lechona (petit cochon de lait) est l'un des grands plats traditionnels de Majorque.

Coca de verduras
Pâte très fine en forme de rectangle, recouverte de légumes méditerranéens. Il existe de nombreuses variétés : tomate-épinard, poivrons, aubergine.

Les Liqueurs
Les liqueurs les plus traditionnelles de Majorque trouvent leur origine dans les breuvages médicinaux que les apothicaires du XVIème siècle préparaient pour combattre les épidémies. Deux d'entres elles sont les hierbas et le palo.
Bien que de saveurs différentes, les
hierbas de Majorque sont élaborées à partir d'un mélange d'herbes. Dans certains cas, plus de 30 espèces différentes d'herbes sont utilisées (fenouil, romarin, menthe, feuilles d'oranger, de citronnier, camomille et mélisse), elles macèrent pendant plusieurs mois et le concentré ainsi obtenu est mélangé avec de l'anis.

Le
palo est une liqueur dont l'origine remonte aux XVIème et XVIIème siècles, quand Majorque comptait encore de nombreux terrains marécageux et que les moustiques transmettaient le paludisme. Pour le combattre, on utilisait deux plantes, le quinquina calisaia et la gentiane, que l'on conservait dans l'alcool pour éviter qu'elles ne fermentent. On ajoutait aussi du sucre pour en diminuer l'amertume. Au fil du temps, l'élaboration du palo a été modifié et actuellement il se prépare avec du sucre brûlé, qui fait tout le secret de cette liqueur. Selon les connaisseurs, tous les palos se préparent avec la même base mais aucun n'a la même saveur. La majeure partie de la production est concentrée à Majorque.

A la différence des
hierbas, le palo se prend en apéritif.

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