L'?CONOMIE DE MAJORQUE

Une Nouvelle Image

Au cours des dernières années, la politique de Majorque en matière de tourisme a peu à peu évolué et met davantage l'accent sur des pratiques durables, la sensibilisation à l'écologie et le développement d'activités pouvant s'exercer en toute saison. Les responsables ont bien réalisé qu'une urbanisation effrénée et des complexes hôteliers sans âme pour voyages organisés appartenaient au passé. Le développement de l'agrotourisme a révélé que cette évolution n'avait rien d'une mode et un nombre croissant de fincas (anciennes fermes) ont ouvert leurs portes aux touristes en proposant des hébergements avec beaucoup de charme dans un cadre rural paisible, avec des repas souvent réalisés à partir de produits "maison". En ville, de belles demeures sont reconverties avec le plus grand soin en boutiques-hôtels. Autant d'initiatives qui contribuent à faire évoluer l'image de Majorque, en mettant en avant l'authenticité, l'ancrage local et l'immersion culturelle.

Bien que de nombreuses stations balnéaires vivent encore au ralenti l'hiver, certains hôtels en ville et dans les villages restent ouverts en basse saison dans le but d'accueillir le nombre croissant de visiteurs désireux de s'adonner aux activités de plein air offerte par l'île. De nombreux coureurs cyclistes s'entraînent dans la Serra de Tramuntana. Les médias ont récemment lancé une campagne destinée à mieux faire connaître les formidables ressources de Majorque en matière de sports d'extérieur. Pendant la basse saison, de plus en plus de touristes viennent pratiquer des sports d'aventure : de la randonnée, du VTT, du canyoning de la spéléologie ou de la varappe. Majorque a de quoi séduire toute l'année. L'inscription en 2011 de la Serra de Tramuntana au patrimoine mondial de l'Unesco (dans la catégorie Paysages culturels) constitue un attrait pour de nouveaux visiteurs en quête de découverte de montagnes à la beauté sauvage.

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Un Avenir Vert

Un simple aperçu de Majorque suffit à se faire une idée de son potentiel en matière de production d'énergie renouvelable. L'île enregistre une moyenne de 300 jours d'ensoleillement par an et le littoral est rafraîchi par des vents réguliers. Les autorités ont décidé de se tourner vers des énergies non polluantes. Ainsi, en 2011, Siemens, a mis en place un courant continu à haute tension sous la forme d'un câble sous-marin de 244 km de long entre Palma et Valence. Ce câble apporte de l'énergie renouvelable en provenance de la péninsule. Désormais, une part importante de l'électricité consommée à Majorque proviendra des installations éoliennes, solaires et hydroélectriques du continent. Cette installation est représentative de la tendance actuelle en Europe.

Le Tourisme
Dès le XIXème siècle, l'île attirait des voyageurs fortunés et curieux. George Sand y a séjourné pour faire recouvrir à Chopin une santé perdue, tout en écrivant
Un Hiver à Majorque. L'archiduc Louis-Salvador d'Autriche s'est consacré en 1867 à la rédaction encyclopédique d'une histoire des îles qui, aujourd'hui encore, est une référence, Die Balearen. Sand et l'archiduc ont, dit-on, favorisé, par leurs écrits, la connaissance de Majorque et, en 1905, naît l'office du tourisme, Fomento del Turismo en Mallorca.
Pendant toute la première moitié du XXème siècle, Majorque reste une destination luxueuse. L'un des hôtels les plus chics au monde, le Formentor, voit le jour en 1928. Il accueillera beaucoup de célébrités telles que Aristote Onassis, Grace Kelly, Winston Churchill et des têtes couronnées.

En se démocratisant, Majorque va connaître deux "booms" d'affluence, en 1950 et au début des années 80. Les infrastructures s'adaptent à la demande croissante, le paysage de l'île en est modifié. Aujourd'hui, le tourisme est le moteur de l'économie de Majorque (50 % du PIB) et l'économie se fonde sur les importants revenus qu'il procure.

L'Agriculture
Jusqu'à l'apparition du tourisme, l'agriculture représentait le premier secteur d'activité à Majorque. Aujourd'hui, ce secteur ne représente que 1,1 % du PIB. Même si l'agriculture connaît des difficultés, elle s'est beaucoup diversifiée et continue à modeler profondément les paysages de l'île. Les régions montagneuses du sud-est et la plaine fertile du centre sont couvertes de vergers, de céréales, de plantations d'amandiers, d'abricotiers, de figuiers et de caroubiers (très prisés pour la parfumerie). Dans les plaines fertiles de Sa Pobla, la culture des primeurs est en pleine expansion. Dans la Serra de Tramuntana, la culture des oliviers et des agrumes (en particulier à Sóller) est très présente. Le développement de la vigne et de la viticulture a fait de la région de Binissalen et d'Inca un centre de production important dont la notoriété dépasse les limites de l'île.

L'élevage est principalement caractérisé par le porc noir majorquin (unique race porcine autochtone de l'île) et le mouton. La sélection opérée par les éleveurs ovins de l'île, leur soin et l'alimentation ont permis d'obtenir une viande d'une qualité remarquable. Ces dernières années, l'agriculture et l'élevage biologiques se développent avec comme objectif de préserver l'environnement, conserver la fertilité des sols et fournir des aliments dotés de toutes leurs propriétés naturelles ; ceci dans le cadre du développement durable.

La pêche continue d'occuper quelques familles à Majorque où l'on est pêcheur de père en fils. Les principales espèces sont la crevette rouge, le picarel, le merlan bleu et la sardine.